Vie de Tao

Transformer le rêve en réalité

Décembre 1999

Un enseignement important du I-Kuan Tao, ayant ses origines dans sa tradition zen, affirme que le monde matériel est illusoire et que seul le domaine de la spiritualité est réel.

Ce concept peut paraître bizarre a priori. Non mais, quand même! La chaise sur laquelle je suis installé, la maison que j’habite, la voiture dans laquelle je me rends au travail - on voudrait me faire croire que ces objets sont des illusions? Et comment des choses aussi intangibles que les pensées, les sentiments et les rapports humains seraient-elles plus réelles que la matière physique?

Peut-être plus bizarre encore : il est des penseurs modernes qui adoptent une ligne de pensée similaire et qui soutient la comparaison à ces principes taoïstes destinés à créer le succès dans la vie. Deux exemples sont Mike Hernacki, auteur de The Ultimate Secret to Getting Absolutely Everything You Want [L’Ultime secret pour obtenir absolument tout ce que vous voulez] et Scott Adams, créateur de Dilbert, la bande dessinée à succès.

Voici le secret de Hernacki : afin de réaliser un objectif donné, vous devez être absolument disposé à faire tout ce qu’il faut, et agir avec une initiative sans faille. Si vous êtes capable de mettre ceci en pratique, vous verrez votre but se précipiter vers son accomplissement, pour vous rendre compte en bout de piste que vous n’aviez pas à faire toutes les choses que vous aviez d’abord cru indispensables, après tout!

Ce principe comporte bien quelques implications merveilleuses, mais ce qui assure son efficacité est une conviction fondamentale en la réalité objective et l’existence physique des pensées. Ceci est en parfait accord avec les enseignements du Zen et du Tao.

L’un des best-sellers de Scott Adams, The Dilbert Future [Le Futur de Dilbert], examine la même idée sous un angle différent. Dans une entorse radicale à son style habituel d’humour traitant de la vie au travail, Adams s’assagit le temps d’un chapitre pour partager sa philosophie peu conventionnelle de la vie et dévoiler l’origine de son extraordinaire succès.

Adams affirme que l'existence ne saurait se borner à la réalité limitée que nous percevons à l’aide de notre vision limitée. C’est, là encore, au diapason des enseignements du Zen et du Tao. Il se mit à soupçonner cette vérité après avoir vécu quelques expériences personnelles de nature paranormale. Plus tard, il fut en mesure de la vérifier par l'intermédiaire des affirmations.

Par affirmations je ne me réfère pas à celles que Pierre Jean Jacques se répète en face du miroir (« Je suis capable! Je suis intelligent! et bon sang, le monde m’aime! »). J’entends plutôt par là une façon de faire pencher la réalité en votre faveur, et ce, à votre guise. Vous choisissez simplement un objectif spécifique que vous pouvez visualiser, et l'écrivez quinze fois par jour sous la forme suivante : Moi, Monsieur/Madame Untel, j’obtiens/fais/deviens/quoi que ce soit/qui que ce soit!

Si vous arrivez à faire ceci avec assiduité, votre désir intangible se matérialisera. Le plus difficile, c’est la constance. La plupart des gens n’arrivent pas à tenir assez longtemps pour en voir la réalisation, mais je sais que certains d’entre vous possédez la persévérance indispensable à l’application fructueuse de cette technique.

Qu’y a-t-il de si surnaturel là-dedans?, demanderez-vous. Ne réussirait-on pas simplement en se motivant sans relâche? C'est de la psychologie, pas de la métaphysique!

Pourquoi ne pas choisir un but qui se situe tout juste au-delà de votre portée, une ambition que vous ne pouvez pas accomplir à l’aide de seuls efforts? De cette façon, lorsque votre souhait se concrétisera, vous pourrez dire que les affirmations auront joué un rôle indéniable.

Un autre élément persuasif est que tout en appliquant la technique des affirmations, vous commencerez à remarquer d’étranges coïncidences favorables à votre cause. Elles s’accumuleront jusqu'au point où vous n'aurez plus le choix d’admettre que toutes ne peuvent s’expliquer en termes de cause à effet physiques.

Quand Scott Adams s’est lancé dans la méthode des affirmations, son but était de s’enrichir à la Bourse. À cause de son scepticisme, il a manqué le bateau à deux reprises - la première fois en n'ayant pas un compte de courtage établi à l'avance; la deuxième fois en vendant trop tôt.

Moi aussi, j’étais sceptique quand j'ai commencé. Mon rêve était d'obtenir un meilleur emploi, puisque jamais ma situation d’alors ne m’aurait permis de me rendre là où je le désirais. En raison du niveau élevé du poste auquel j’aspirais, j'avais le sentiment que la recherche d’emploi ne serait pas facile et doutais de l’efficacité des affirmations.

Puisqu’il fallait rendre le but spécifique et hors de portée, j'indiquai un salaire fort élevé. En outre, je me figurai un court trajet pour me rendre au travail, un cadre plus professionnel et un accès rapide à Internet.

Conscient du secret de Hernacki, je me mis à poster mon curriculum vitae et à écrire mes affirmations diligemment. Je m’étais engagé à faire tout ce qu’il fallait pour décrocher un travail à la mesure de mes aspirations.

Après quelques semaines durant lesquelles rien ne s’était produit, certains recruteurs corporatifs, comme tombés du ciel, ont appelé. Ils avaient communiqué avec moi un an auparavant à propos de quelques possibilités et se souvenaient encore de moi suite à cette occasion. Pourtant ils ignoraient que je venais d’entamer ma recherche d’emploi.

Je n'ai ni considéré cela comme une stupéfiante coïncidence, ni ne l’ai prise au sérieux, car rien de concret n’était ressorti de nos rapports précédents. Je leur ai envoyé mon curriculum vitae mis à jour et ne m’attendais à rien d’eux.

D'autres choses se produisirent aussi, plus rapidement que je l’aurais cru. Avant de partir en vacances j'obtins plusieurs occasions d'entrevue. À mon retour, quelques offres me sont parvenues. Peu après j’acceptais une des offres.

Les affirmations ont-elles fonctionné? Le nouvel emploi comportait un trajet commode du bureau à la maison, un environnement de travail de haut calibre et, oui, un accès rapide à Internet à partir de mon nouveau bureau.

Un seul détail m’agaçait. L'offre que j'ai acceptée était tout à fait satisfaisante, mais le montant salarial ne correspondait pas au chiffre que j’avais indiqué dans mes affirmations. Certes, c'était une augmentation décente et je ne m’en plaignais pas.

Je fis parvenir aux recruteurs un courriel les remerciant de leurs efforts et les avisant que je n'aurais plus besoin de leurs services dans un proche avenir. Certains d’entre eux y répondirent en m'appelant. Ils m’annoncèrent que leurs clients désiraient vraiment me rencontrer en entrevue. Quelles étaient les chances que je reconsidère ma position?, s’enquéraient-ils.

Si j’avais attendu qu’ils me proposassent quelque chose, leur répondis-je, par la suite il m’avait bien fallu agir. Maintenant j'étais tenu par l’honneur de remplir mon engagement et ne pourrais accueillir favorablement toute autre possibilité.

Ils exprimèrent leurs regrets mais persistèrent tout de même. Apparemment mon curriculum vitae avait été mal acheminé; il se trouvait maintenant sur le bon bureau; la compagnie utiliserait Internet de façon considérable, des options d'achat d'actions étaient possibles...

Rien n’allait me faire changer d’avis; c'était une question de principe. Chaque recruteur dut abandonner quand il réalisait que je ne plaisantais pas. Lors du dernier appel téléphonique, juste avant de raccrocher, je m’enquérai : « Juste par curiosité, quel genre de salaire offre votre client? »

L’homme nomma le chiffre exact de mes affirmations. J’en eus un frisson dans le dos. Quelles étaient les chances pour qu’une telle coïncidence se produise? Se pouvait-il que, tout comme Scott Adams, je n’eusse pas attendu assez longtemps l'occasion précise, pourtant visualisée?

Peut-être, mais j’aime le travail que j'ai choisi et crois que les affirmations n’y sont pas totalement étrangères non plus. Mon scepticisme s’est dissipé. Force m’est de le reconnaître : la notion zen au sujet de la nature illusoire du monde matériel n’est peut-être pas si bizarre après tout.

Prenez le temps de songer aux implications incroyables dont il est question ici. Voilà un concept spirituel qu’on ne saurait accepter de foi aveugle. Vous pouvez le vérifier à votre grande satisfaction, autant de fois que vous le désirez. Et une fois que vous aurez constaté la vérité par vous-même, ce sera un outil puissant, utilisable à volonté pour le reste de votre vie.

Le défi vous est lancé. Si vous êtes d’avis que ces trucs métaphysiques sont un peu trop tirés par les cheveux, ou si vous pensez que le I-Kuan Tao n'offre rien de matériellement différent des autres systèmes de croyance, voilà l'occasion parfaite de mettre vos préconceptions à l’épreuve. C'est votre tour... de voir par vous-même à quel point la réalité est étrange, en vérité!